TEXTE
PREMIÈRE PHRASE (manuel,
page 46)
Notre
histoire
Jetons l’œil
sur la carte de l'Europe : nous serons frappés
de la masse imposante et de la situation avantageuse d'un
grand pays en bordure à l'Atlantique.
C'est
la France, avec la mosaïque de ses sols et de ses
cultures ;
Les
voyages répétés du navigateur malouin,
Jacques Cartier, dans les parages hantés de banquises
et d'ours polaires, nous ont assuré, — et
par surcroît à la France — , le droit
d'occuper et de mettre en valeur les terres du continent
nouveau.
Mais
pour parler juste, ce que convoitaient surtout en Amérique
toutes les puissances européennes, combatives mais
besogneuses, ce n'était pas tant des terres incultes
à mettre en valeur que des métaux précieux
à utiliser pour les fins de leur administration
interne ou de leurs entreprises d'outre-mer.
Vice
irrémédiable qui va précipiter la ruine
de mainte entreprise maritime de la France, en déterminant
le choix de sujets médiocres qu'on se flatte, bien
à tort, de pouvoir plier à un travail sérieux
pour le compte de leurs geôliers.
Et
puis, bénissons la mémoire du cardinal-ministre
Richelieu qui, après avoir mis un peu d'ordre dans
les finances de l'État, n'a eu rien de plus pressé
que de se faire rendre le Canada que les corsaires huguenots
de Charles 1er avaient capturé, une fois la paix
conclue.
Grâce
à la lucidité de ce vigoureux esprit, des
colonies françaises jumelles ont pris forme en Amérique
: l'une dans la péninsule acadienne, l'autre dans
la vallée du Saint-Laurent.
Extrait
de Léon Gérin (1946). Aux sources de notre histoire.
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